Programme de la journée

Souhaitez-vous réserver un repas pour la Journée de réflexion (6$, payable sur place)? Prévoyez-vous utiliser le service de gardiennage qui sera offert gratuitement sur place? Plus d’informations

 

Journée de réflexion

Une journée de réflexion interdisciplinaire se tiendra au Théâtre Aux Écuries le 21 octobre de 9h à 17h.  Confirmez votre présence en une étape simple.

Peu importe votre métier dans le secteur des arts, vous êtes convié.es à une réflexion collective sur les enjeux qui affectent votre communauté élargie. Dans le cadre de tables de discussion et de gestes performatifs, vous serez invité.es à vous exprimer et à embrasser les thèmes* suivants :

  1. Entre don, résilience et épuisement : jusqu’où et comment travailler ?
  2. Communauté, investissement et capture
  3. Entre monologue et dialogue: comment résonner dans le champ social?
  4. Penser de nouveaux modèles d’organisation
  5. Langue gelée, amorce d’un lexique
  6. L’artiste-entrepreneur : le seul horizon qu’il nous reste ?
  7. Marché, mécénat ou État : qui soutient qui ?
  8. Nous et Nousses

 

Horaire de la journée

8h30            Accueil et café
9h30            Mot de présentation dans l’Arène
1oh               Tables de discussion
12h               Repas
13h30          Reprise des tables de discussion
16h               Discussion collective dans l’Arène
17h               Fin de la Journée de rélexion
17h à 20h   Migration vers le bar Le Cep et le Houblon (2280 rue Bélanger)

Tout au long de la journée, un service de garde sera offert.

 

Les tables de discussion

Entre don, résilience et épuisement : jusqu’où et comment travailler?
Table de discussion animée par Virginie Jourdain, Caroline Blais et Mercedes Pacho.

On associe encore aux artistes et aux travailleur.se.s culturels le stéréotype de « vocation artistique » qui sous-entend un certain don de soi, une passion qui mérite donc quelques sacrifices. En réalité, le travail de l’art permet plutôt – comme toute profession – de répondre à des besoins élémentaires qui devraient œuvrer à une combinaison harmonieuse de travail/famille/création. Le secteur culturel semble voué à un certain laxisme quant aux conditions de travail des ressources humaines. Les enjeux touchant celles-ci ne sont jamais la priorité de nos organismes, où pourtant les heures supplémentaires et le burn out sont monnaie courante.
Dans une société néolibérale où les attentes grandissent et où les ressources diminuent, comment agir avec moins de moyens ? Quelles sont les limites que l’on se donne ? Quelles seraient des rémunérations justes et égalitaires ? Quel est le prix de la résilience, de l’adaptabilité et de la flexibilité ? Quelles sont les conditions (salaires, droit d’auteur, assurances, etc.) dans lesquelles travaillent les artistes ? Quels sont les différents modèles proposés (ou vécus) dans les différentes disciplines ? Enfin, comment le travail de l’art est-il hiérarchisé, structuré et évalué de manière systémique, aux croisements des questions de genres, de classes, de contextes et de pratiques visibles et invisibles ?
Cet atelier a pour but de tracer des pistes de réflexions sur nos modes de gestion, nos pratiques et nos conditions de travail. Nous tenterons d’évaluer ces problématiques et de prendre le pouls de nos différentes expériences afin de partager et de créer de nouveaux outils.

 

Communauté, investissement et capture
Table de discussion animée par Alexandre Jimenez, Kim Lagaude et Camille Renarhd.

Si « la culture façonne, par toutes ses expressions, une pratique de l’obéissance » [Francesco Masci], comment peut-on alors s’en extirper? Comment faire acte de résistance face à ce qu’on appelle « l’industrie culturelle ». Y a-t-il des alternatives? Et si oui, quelles sont-elles?
Mais avant même de répondre à ces questions, pourquoi ne pas essayer ensemble d’identifier ce qu’est l’industrie culturelle et d’ainsi mieux saisir ce qui pourrait être défini comme étant alternatif ?
Que se passerait-il si nous arrêtions de marcher systématiquement sur la route balisée de la Culture? Et si nous nous posions ensemble pour investir le présent et capturer les possibles qui y sont pris? En d’autres mots, peut-on faire de l’art, ici, maintenant, avec ce que l’on a?
Voici quelques-unes des questions que cette discussion thématique souhaite soulever avec vous lors de la Journée sans culture.
Référence : Superstitions, Francesco Masci, Édition Allia, Paris, 2005.

 

Entre monologue et dialogue: comment résonner dans le champ social?
Table de discussion animée par Mélanie Binette, Daniel Fiset et George Krump.

On trouve à la base de «l’intention de relation» entre l’artiste et ses spectateurs/trices une dynamique fondamentale — vouloir rejoindre le public — et une question préalable : « à qui s’adresse-t-on? ». Ces énoncés se logent au cœur du questionnement collectif suscité par la Journée sans culture. Comment réfléchir ensemble, avec ces idées, sur la vitalité du milieu artistique et pas seulement sur sa survie? Comment cet ensemble peut-il inclure des publics de différents milieux?
Il y a ce visage de la médiation culturelle qui est un dialogue réel entre artistes et spectateurs/trices, c’est-à-dire une véritable rencontre avec le public. Il y a aussi l’autre visage, souvent institutionnel, de la médiation culturelle qui se dévoile comme du «développement de publics», mais qui apparaît trop souvent comme un monologue de séduction dont la tentation est de rendre l’art plus populaire.
Entre désir de vitalité et réflexe de survie, est-il possible de bâtir un modèle qui viendrait encourager l’engagement du/de la spectateur/trice dans une durée? Et quelle sorte d’engagement semblable ou d’ouverture à différentes communautés cela demande-t-il de la part des artistes?

 

Penser de nouveaux modèles d’organisation
Table de discussion animée par Sasha Kleinplatz, Yves Sheriff et Michelle Lacombe.

À cette table nous proposerons une conversation non-binaire sur les modèles d’organisation, hiérarchiques et non-hiérarchiques. Comment, nous, les travailleuses et travailleurs de l’art, pouvons-nous créer des formes de soutien mutuel (financier, créatif, structurel, émotionnel et communautaire) en s’appropriant et combinant différents éléments issus de ces modèles, pour en faire des outils contre les affects induits par l’austérité ?

 

Langue gelée, amorce d’un lexique
Activité proposée par Amber Berson, Vincent Bonin, Michael Eddy et Charlotte Panaccio-Letendre.

Pour la Journée sans culture nous proposons de nous attarder ensemble au vocabulaire et au langage qui définissent et régissent les milieux / communautés / disciplines artistiques.
Dans une conjoncture d’austérité, quels mots emploie-t-on en tant qu’artistes et travailleurs culturels pour décrire nos pratiques afin de se constituer des espaces d’autonomie? De quelle façon ces pratiques et ces espaces se retrouvent-ils circonscrits par les diverses instances qui leur accordent de la valeur et de la visibilité (bailleurs de fonds, marché, jurys de pairs)? Lors de la rédaction d’une demande de bourses et de subventions ou en prenant la parole, il faut peser et analyser ses mots. Dans certains contextes, dire la vérité donne lieu à des représailles et parfois à une mort sociale. Le croisement de tous ces registres discursifs ne se fait pas sans heurt. L’octroi de financement peut être tributaire du déploiement stratégique d’un lexique dont la maîtrise est inégale d’un acteur à l’autre. En retour, d’où provient ce vocabulaire de la séduction nécessaire à notre survie sociale et économique? Est-il possible désormais qu’une surabondance de termes éthérés – car peu définis – issus de la gestion et du secteur des industries culturelles puisse transformer de fond en comble nos pratiques, induisant ainsi une certaine perte d’autonomie?  À partir de l’analyse d’extraits de textes ciblés, nous proposons de retracer la trajectoire politique de certains de ces termes jusqu’à ce qu’ils entrent dans l’usage courant.
Ce travail a été amorcé au sein d’un groupe de lecture et de discussion sur les pratiques administratives critiques. La journée sans culture est l’occasion de poursuivre collectivement cette réflexion.

 

L’artiste-entrepreneur : le seul horizon qu’il nous reste ?
Table de discussion animée par Pablo Rodriguez et François Lemieux.

L’idéal de l’artiste en tant qu’entrepreneur suscite diverses réactions, mais au sens le plus large ce statut implique un parcours – une forme de compréhension de soi et un mode de fonctionnement par lequel les artistes adhèrent aux principes des affaires dans leur structure de production. Nous entendons par les affaires non pas la corporation colossale, anonyme et hiérarchique, mais plutôt le petit start-up flexible et ambitieux.
Dans le domaine des arts, ce qui importe principalement dans cet idéal entrepreneurial est que l’individu soit à la fois un agent libre, un innovateur créatif et un preneur de risques, qu’il ou elle soit en mesure de s’adapter à un climat de précarité sociale et économique par le travail perpétuel en quête de nouvelles pistes de profit à l’intérieur du système. Cependant, puisque des bailleurs de fonds et des universités incitent cet esprit entrepreneurial dans les arts à travers leurs politiques et curricula, cet idéal est critiqué en tant qu’il contribuerait au problème et non à la solution.
Cette table ronde invite une approche à l’imaginaire de l’esprit entrepreneurial dans les arts en partant des diverses perspectives et expériences des participants de la JsC. Artistes de toutes disciplines, écrivain.nes, administrateur.trices, activistes, personnel de soutien, coordonnateur.trices, délégué.es, décrocheur.cheuses – vous êtes les bienvenu.e.s. Il s’agira d’un espace où le partage et l’écoute des expériences sera privilégié, et où des idées concernant des stratégies de survie et modèles alternatifs seront lancées.
Voici quelques exemples de questions que nous aborderons :
    • De quoi parlons-nous au juste lorsque nous invoquons cette figure de l’artiste-entrepreneur ou lorsque nous parlons de la prédominance d’un « éthos entrepreneurial » dans le milieu des arts
    • Comment s’incarne ce modèle dans notre vie de tous les jours?
    • Comment pouvons-nous nous positionner face à des nouvelles initiatives organisationnelles qui cherchent l’accumulation de capital plutôt que le bien public?  Comment vivons-nous cet enjeu? Comment nous y adaptons-nous?
    • Vivons-nous tous de la même façon l’appel à se conformer à ce modèle, au-delà de nos différences d’appartenance culturelle, de genre, de capacités physiques, de citoyenneté, de métier ou de discipline?
    • Quelles promesses colorent cet horizon entrepreneurial? Quel futur aménage-t-il et à quel prix : quels compromis, possibilités ou potentielles conséquences sont contenus dans cette incitation à devenir entrepreneur ?
    • Comment est-ce qu’un comportement de type entrepreneurial est suggéré voire imposé dans nos communautés? Se sentir ainsi poussé.e.s à y adhérer ne pourrait-il pas devenir l’occasion de construire des réseaux de soutien qui transcendent les frontières disciplinaires, sectorielles et statutaires?

 

Marché, mécénat ou État : qui soutient qui ?
Table de discussion animée par Edith Brunette et Catherine Lavoie-Marcus

« Les mécènes québécois doivent donner plus à la culture, ainsi qu’à l’éducation (…) », nous dit la Ministre de la Culture et des Communications Mme, Hélène David. D’où vient cette apparente nécessité et à quel agenda politique correspond-t-elle au juste? À l’heure où les politiques culturelles encadrent les collaborations « art-affaires » jusqu’à les rendre, dans certains cas, indispensables, comment pouvons-nous, artistes et travailleurs.euses de l’art, nous assurer que notre autonomie n’est pas minée, que les inégalités ne se creusent pas au centre de nos communautés? Que cherchent les mécènes en soutenant les arts? Est-ce qu’un mécénat « juste » est possible? Et si oui, comment? Prenons ensemble un pas de recul et mesurons les incidences qu’a sur nos vies et sur notre travail cette nouvelle réalité.

 

Nous et nousses
Une proposition d’Arkadi Lavoie Lachapelle, Janick Burn, Marlène Renaud B, Kamissa Ma Koîta, Hugo Nadeau, Marie-Andrée Poulin et Annabelle Aubin-Thuot.

ce qui nous importe : insuffler
amenez votre corps !
il existera entier parmi nous
amenez vos enfants !
nous les accueillerons comme les nôtres
au cœur de l’écologie communautaire
raquettes et moineaux s’échangeront
comme autant de missives solidaires
un filet de repos et d’errance commune
une régénérescence du corps et de l’esprit
dans l’exercice même de l’action réflexive
les paroles sulfureuses qui éteignent le feu
de nos pratiques vitales deviendront rituelles
puisqu’ils disent: préserver le capital d’innovation
de l’économie créative comme authentique
expérience utilisateur adaptée et augmentée
nous les prendrons au mot !
la poésie est arrivée comme dirait Uguay
avec le désir de voir autrement s’épanouir
la solidarité, ajoutons-nous !
ô oui ! la bienvenue impondérable
à tousses et tousses